Bientôt un nouveau magasin à Montréal!

Publié le 15 novembre 2017
Par Ariane Lessard

Blogue

Ma prise de conscience de la surconsommation et la «fast fashion»

Consommation responsable/durable - Mode locale - Tranche de vie

« L’homme est comme la nature, il a horreur du vide. » – Victor Hugo

Voilà qui décrit ce qui m’a amenée, il y a quelques années, à tomber dans l’univers de la surconsommation et de la fast fashion.

Depuis que je suis jeune, mes parents m’ont appris que l’argent ne tombe pas du ciel et qu’il faut travailler fort pour s’offrir nos objets les plus convoités, tout en se laissant des sous de côté pour les imprévus de la vie. J’ai toujours respecté cette doctrine à la lettre. Il est vrai que la fierté de s’offrir un objet convoité après plusieurs heures de dur labeur rend ce dit objet beaucoup plus intéressant que si nous l’avions eu sans avoir à faire d’efforts. Je me suis tout de même toujours offert des luxes comme des sorties au restaurant entre amies ou un nouvel appareil photo reflex, mais jamais au dépit de mes économies… jusqu’au jour où j’ai commencé à travailler comme commis dans un magasin de vêtements.

Mon entrée fulgurante dans le monde de la surconsommation.

Passer des journées entières à toucher, plier, placer et vendre des vêtements, ça crée des besoins. Surtout lorsque tu es aux premières loges des mises en rabais… un nouveau T-Shirt à seulement 5 $, quelle jeune fille peut dire non à ça – même si elle en a déjà quatre semblables à la maison?

J’habitais, à l’époque, en appartement à Sherbrooke pour les études, mais je revenais chez mes parents les fins de semaines pour travailler. Je bénéficiais donc, sans m’en rendre compte, de deux fois plus d’espaces de rangement. Ce n’est que lorsque j’ai dû ramener ma garde-robe entière chez mes parents que j’ai réalisé la quantité de vêtements que j’avais accumulée. Un tri s’imposait alors. J’ai passé en revue chaque item qui composait mes garde-robes pour réaliser que plusieurs avaient encore leur étiquette de prix et n’avait jamais été portés. La plupart n’avaient été portés qu’une ou deux fois.

On se l’avouera, 5 $ ou 10 $ c’est peu dispendieux pour un morceau de vêtement, mais lorsqu’il reste dans ton garde-robe et n’est jamais porté, ça revient cher de l’utilisation.

C’était à un point tel que presque la totalité de mes paies passait dans l’achat de vêtements.

 

prise de conscience surconsommation fast fashion

Crédit: Gaia & Dubos

 

Le début de mes stages universitaires m’amena à quitter mon emploi en magasin et par le fait même à diminuer ma consommation excessive de vêtements. J’achetais moins, mais je n’achetais pas mieux. Lorsque le besoin se présentait pour remplacer un morceau, je me tournais toujours vers des options de fast fashion à un prix dérisoire.

LA PRISE DE CONSCIENCE

Le déclic dans mes habitudes de consommation s’est fait il y a environ 2 ans et demi, après un voyage de 6 mois à l’étranger à vivre uniquement avec le contenu d’une valise. J’ai réalisé que je pouvais très bien survivre avec seulement deux paires de pantalons, une dizaine de hauts et quatre paires de chaussures. Par contre, lorsque tu es limité à quelques morceaux, tu augmentes drastiquement leur ratio d’utilisation et tu te rends rapidement compte que la mauvaise qualité, ça coûte cher. Il est parfois préférable de payer un peu plus pour des produits qui vont durer.

Durant cette même période, je réalisais mon projet de fin de maîtrise sur l’influence du pays d’origine et la perception du « made in canada » à l’international. J’ai donc épluché des centaines d’ouvrages portant sur l’impact de la fabrication locale et les conditions de travail dans les usines de vêtements des pays en voies de développement. Je me suis également intéressée à la tendance du slow fashion et à l’impact environnemental de nos décisions d’achats.

Ces heures de recherches et cet apport de nouvelles connaissances m’ont amenée à revoir ma manière de consommer et à évaluer l’impact de mes décisions individuelles sur la planète.

Il est bien rare, lorsqu’on tient dans nos mains un chandail à 5 $ au Forever 21, que l’on pense à tout ce qui se cache derrière la fabrication de celui-ci. Que ce soit les matériaux utilisés dans la conception, le processus de transformation des produits ou les modes de transport utilisés pour acheminer nos vêtements d’un continent à l’autre, souvent notre décision finale sera basée uniquement sur le prix. Qu’est-ce qui m’en offre le plus pour mon argent?

 

Miljours

Crédit: Miljours

 

Le besoin de se vêtir est un besoin primaire. Cependant, le besoin d’être habillé à la fine pointe de la mode et d’avoir une garde-robe pleine à craquer est un luxe. L’argent ne tombe pas du ciel et il faut travailler fort pour s’offrir nos objets les plus convoités. J’ai donc revu mon approche face à l’achat de vêtements. D’objets de commodités, ils sont devenus des objets de convoitises. Du rang de pinte de lait, ils se sont élevés à celui d’appareil photo reflex. J’ai pris la décision de ne plus acheter sur un coup de tête, mais de réfléchir et de m’informer avant l’achat. Lorsqu’une nouvelle pièce de vêtements me fait de l’œil, je ne l’achète pas immédiatement. Je prends le temps de bien y réfléchir et d’évaluer si j’en ai réellement besoin.

QUELQUES TRUCS POUR DIMINUER SA CONSOMMATION

prise de conscience surconsommation fast fashion

Crédit: Anuschka Rees

1. Dressez un inventaire détaillé et à jour des vêtements que vous possédez.

Cet exercice, qui peut paraitre futile, est fort pratique. Lorsque vous aurez constaté le nombre de t-shirts, chandails, pulls, pantalons, jeans, vestes, manteaux, etc. qui composent votre garde-robe, vous vous poserez davantage la question sur l’utilité d’ajouter une nouvelle pièce à celle-ci.

2. Informez-vous.

Prenez le temps de lire l’étiquette du vêtement. Où a-t’il été fabriqué? De quels matériaux est-il composé? Et posez-vous la question, est-ce que cette information est en accord avec mes valeurs?

3. Évaluez le cost per wear du vêtement.

Combien de fois prévoyez-vous le porter ? Divisez ensuite le prix du vêtement par le nombre de fois que vous pensez le porter. En fonction du nombre obtenu, évaluer si ce chiffre concorde avec votre budget.

4. Prenez le temps de comparer différents articles semblables.

Cela vous permettra d’évaluer quel morceau est le meilleur achat, un peu comme vous le feriez pour l’achat d’un appareil photo de qualité.

Le répertoire Signé Local : MON OUTIL DE PRÉDILECTION

Lorsque j’ai découvert le répertoire de Signé Local, il y a un peu plus d’un an, je suis tout de suite tombée en amour et c’est d’ailleurs pourquoi j’ai eu envie de m’impliquer dans ce beau projet. Le répertoire est mon outil de prédilection numéro un pour découvrir de nouvelles marques écoresponsables et fabriquées localement.

En voici quelques-unes de mes préférées :

Pour femme:

Clothes & Road | AllCovered | Betina Lou | Gaia & Dubos Robert Atelier | Alex & Marie | Love & Beyond lingerie

 Pour homme:

MB Alpha Wear | Baratin

Pour les journées froides :

Manteaux Desloups Les Émmaillées

Accessoires:

LowellMTLTandem & coMiljours | Alex Gray

 

Révisé par Maud Duchesne

 

Couverture: Clothes&Roads

Ariane Lessard

Collaboratrice au blogue - Spécialiste mode

Diplômée d’une maîtrise franco-canadienne en gestion internationale et détentrice d’un baccalauréat en marketing, Ariane est une passionnée de la vie. Aventurière et voyageuse, elle aime partir à la découverte de nouvelles cultures et rencontrer de nouvelles personnes pouvant élargir ses horizons et confronter ses idéaux. C’est d’ailleurs au cours de ses périples que son attachement pour son pays d’origine s’est dessiné. Comprenant un peu mieux l’image et la perception qu’ont les étrangers du Canada, elle désire utiliser ses connaissances et son expérience pour venir en aide aux entreprises d’ici, qui ont pour objectif d’élargir leur horizons et de se développer internationalement.

Avec des expériences antérieures dans le domaine des cosmétiques locaux, elle s’est maintenant tournée vers l’industrie de la mode québécoise, plus principalement celle des chaussures, pour faire rayonner le Québec à l’étranger.

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