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Publié le 15 mai 2019
Par Jeanne Desrosiers

Blogue

Le bois: les vertus de son utilisation oubliées dans le vice de son exploitation

Consommation responsable/durable

Le bois est un matériau noble qui a été, dans l’histoire, privilégié à de nombreuses reprises dans la construction de meubles, de maisons, de caravelles, etc. À une époque, le bois faisait partie du quotidien et était la matière de base de tout ce qui nous entourait. Aujourd’hui, avec l’industrialisation, d’autres matières transformées ont supplanté cet élément noble, produit direct de la nature. Reste à savoir si cette transition constitue une amélioration de la situation et si le bois est véritablement désormais désuet.  

Le rôle de nos forêts

Le bois, matériau de fabrication

Free-Photos sur Pixabay

On dit des forêts du monde qu’elles sont les poumons de notre planète. Techniquement, cela est à la fois vrai et faux. Les jeunes arbres, lors de leur croissance, captent effectivement le CO2 pour ensuite rejeter de l’oxygène. Toutefois, lorsque les arbres sont matures, ils ne produisent plus d’oxygène à un point tel qu’ils feraient respirer toute la planète. Ils emmagasinent plutôt le gaz carbonique, constituant ainsi ce qu’on appelle des puits de carbone (Noury, 2019). Les arbres mûrs ne constituent donc pas les poumons du monde (Agence France-Presse, 2018, paragr. 5), mais plutôt un purificateur d’air à l’échelle planétaire, si vous permettez la comparaison. Que nous préférons une figure ou l’autre, l’image reste la même. Le couvert forestier planétaire permet de réduire la pollution atmosphérique et de limiter l’accroissement des changements climatiques par la hausse des émissions de gaz à effet de serre (Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada, 2017). Conserver ces ressources apparaît alors crucial et négliger leur gestion serait courir à notre perte.

Exploitation et déforestation

Le bois, matériau de fabrication

Free-Photos sur Pixabay

L’exploitation forestière rime-t’elle nécessairement avec déforestation ? Est-il vraiment impossible de ne pas détruire nos forêts lorsque l’on décide d’en recueillir les ressources ? La réponse est non. La coupe responsable existe, est réalisable et applicable et doit être mise en œuvre. Le principe est simple. Il suffit de laisser tomber les coupes à blanc et d’opter pour des techniques de coupes plus respectueuses des milieux forestiers.  Les arbres doivent être choisis avec soin. Opter pour des arbres mûrs facilite l’accès aux ressources aux plus jeunes grâce à la diminution du haut couvert forestier. La clé d’une gestion durable des forêts est la plantation à la suite de la coupe. Replanter est essentiel pour assurer un renouvellement de la flore, mais aussi pour assurer la pérennité de cet habitat pour la faune. Si la sylviculture est mise en œuvre et que la plantation est faite avec attention, c’est-à-dire en prenant soin de choisir des essences en concordance avec l’environnement auquel elles sont destinées, l’exploitation forestière peut être une activité éthique, écologique et durable.

Une récolte viciée

Le bois, matériau de fabrication

Johannes Plenio sur Pixbay

L’exploitation locale de bois n’est pas la problématique.  Le Canada possède des normes strictes à l’égard de l’exploitation forestière, dont l’application est juste (Ressources naturelles Canada, 2017). Lorsque notre bois se retrouve sur les tablettes de divers centres de rénovation et quincailleries, il n’y a pas de problème. Le bois dit exotique est lui nuisible et dangereux pour le couvert forestier mondial. Oui, une table d’ébène ou d’acajou est superbe, mais ces essences ne croissent pas sur notre territoire. Non seulement le bois a une énorme empreinte environnementale dû au transport nécessaire pour se retrouver sur nos tablettes, mais, bien souvent, ces essences proviennent de pays en voie de développement qui sont peu regardants sur l’exploitation ou n’ont pas les ressources nécessaires pour la contrôler. L’exploitation et le commerce illégal de bois deviennent alors florissant et entraînent la déforestation accrue, puisqu’aucune règle n’est respectée et aucun arbre n’est planté après la coupe d’un autre.

Le phénomène s’illustre particulièrement lorsque nous considérons nos choix de consommation. Au Canada, acheter de ces essences signifie soutenir la «mafia du bois» pour un tiers des achats.  Le bois exotique est donc à laisser tomber puisque nous savons rarement d’où il vient et nous ignorons dans quelles conditions il a été récolté. Aussi bien lui préférer nos essences locales que nous savons récoltées en toute éthique environnementale. Votre table de cuisine en chêne québécois en jettera encore plus (Dufresne, 2017) !

Des substituants des plus ambigus

Comme mentionné plus tôt, le bois n’est plus aux premières loges de notre production de biens de consommation. Dans notre ère postmoderne, nous lui avons préféré le plastique, car il est plus malléable, plus aisément transformable et plus versatile. Il est aussi moins durable, plus dommageable pour l’environnement, moins bien recyclable. Alors, le choix du plastique au détriment du bois est-il vraiment justifié ? Le plastique pollue nos océans, nos terres, nos airs et ce, sans discontinuer. Le bois est alors définitivement à privilégier au plastique. Toutefois, les ressources forestières mondiales ne sont pas suffisamment importantes pour subvenir à la production croissante actuelle. Le problème n’est pas dans la disponibilité du bois, ici, mais plutôt dans notre mode de consommation. Il s’agit donc d’une nécessité que d’effectuer un virage à 180 degrés par rapport à notre façon de consommer pour pouvoir retourner à une production à base de matières plus nobles. Nous ne pouvons faire ce choix si nous continuons de produire plus vite que la Terre ne produit elle-même.

Finalement, le bois est une matière noble qu’il faut ramener dans nos vies, mais dans le cadre d’une exploitation raisonnée et éthique des forêts d’où il vient. Surtout, il faut réintégrer la nature à nos modes de vies. L’urbanisation fait oublier à tous, un jour ou l’autre, que le territoire que nous habitons était auparavant sauvage, et qu’il appartenait et appartient toujours à la Terre avant d’être possédé par l’homme.

Avant de produire plein de substituts artificiels nocifs pour l’environnement, questionnons-nous d’abord à savoir si l’exploitation des produits de la nature n’est-elle pas moins dommageable pour l’environnement. Ceci n’est pas une perspective grano de la vie où tous devraient vivre en symbiose avec la nature et ne consommer que des produits naturels. Non, cette idée tourne plutôt autour de la question du remplacement des matières premières d’origine naturelle de nos vies. Nous n’utilisons plus le bois, car sa disponibilité n’est pas assez grande pour notre consommation ahurissante. Sa production coûteuse n’est pas assez rapide pour celle-ci et offre une durabilité qui ne respecte pas les principes d’obsolescence programmée de notre société du jette-à-tout-vent.

Nous produisons plus vite que la Terre, plus vite que le renouvellement normal de ses ressources. Il est inquiétant de constater qu’aujourd’hui les alternatives au plastiques ne sont pas envisagées même si elles font partie de nos vies depuis toujours. Ralentir l’ensemble de l’activité industriel et revenir à une façon de faire plus traditionnelle apparaît aux yeux d’encore trop de gens comme inconcevable.

 

 

 

 

 

Révisé par Sandrine

Sources d’inspiration:
Agence France-Presse. (18 janvier 2018). Un énorme réseau d’exportation illégale de bois démantelé en Amazonie. La Presse. Repéré à https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/201801/18/01-5150576-un-enorme-reseau-dexportation-illegale-de-bois-demantele-en-amazonie.php
Dufresne, J. (12 décembre 2017). Votre bois exotique est-il un produit de la criminalité? Radio-Canada. Repéré à https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1072492/bois-exotique-produit-importation-criminalite
Noury, C. (2019). 320-403-LI. Explorations environnementales. Cégep Limoilou.
Ressources naturelles Canada. (2018). Le bois pour convertir notre environnement bâti au vert. Repéré à https://www.rncan.gc.ca/forets/industrie/demandes/16835/?utm_campaign=enprimeur&utm_medium=CFSRotator&utm_source=BoisConvertirEnvVert
Ressources naturelles Canada. (2017). 5 façons qu’a le Canada de prévenir l’exploitation forestière illégale. Repéré à https://www.rncan.gc.ca/forets/canada/lois/17480
WWF France. (s.d.). Bois et marché du bois. Repéré à https://www.wwf.fr/champs-daction/foret/approvisionnement-responsable/bois
Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada. (2017). Importation de produits forestiers récoltés illégalement: connaître les régles pour éviter les sanctions. Repéré à http://epe.lac-bac.gc.ca/100/201/301/weekly_acquisitions_list-ef/2019/19-05/publications.gc.ca/collections/collection_2019/rncan-nrcan/Fo4-62-2017-fra.pdf
Jeanne Desrosiers

Collaboratrice au blogue

Étudiante passionnée par l’écriture et l’art, Jeanne est la blogueuse derrière La Vitrine Artistique. Grande lectrice, elle s’adonne aussi à la fabrication de bijoux, à la couture et à d’autres loisirs créatifs. En admiration devant le travail des artistes, elle ne sait résister à la tentation d’entrer dans leur boutique et court les différents salons afin de découvrir de nouveaux créateurs.

Pour elle, les produits locaux sont des produits inestimables qu’il faut mettre en valeur. Elle espère amener les jeunes à s’intéresser davantage à ce milieu et à consommer ces produits.

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