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Publié le 19 février 2019
Par Jeanne Desrosiers

Blogue

Joaillerie : se parer d’art dans le Québec d’aujourd’hui

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Les métiers d’art sont des vecteurs de création au sein de la société québécoise. Ils sont au cœur de l’art québécois, en constante évolution, faisant des techniques ancestrales des sujets d’actualité. C’est par les institutions qui les incarnent que se transmettent les connaissances et les savoir-faire qui font perdurer ces disciplines à travers les décennies. Cette série d’articles se veut une présentation de chacune des disciplines qui composent les métiers d’art et qui font rayonner la créativité québécoise. Le premier article de la série portait sur le métier de céramiste. Nous poursuivons notre découverte par la joaillerie.

L’archéologie démontre que le bijou fait partie de notre quotidien depuis des millénaires (Baratte et coll.). Mais à quoi ressemble la joaillerie québécoise de nos jours ? Cet article, s’inscrivant dans la lignée de notre série sur les métiers d’art, aborde la question grâce à la contribution de quatre entreprises d’ici, MYEL DESIGN, EMD Joaillière, Flamme en rose inc. et Lalumière joaillerie.

Sous les projecteurs

MYEL DESIGN

MYEL DESIGN

MYEL DESIGN

Établie à Montréal, MYEL DESIGN est une entreprise qui se consacre à la joaillerie depuis 2013. Réalisant des bijoux à la fois délicats et raffinés, elle cherche à créer des pièces qui s’harmoniseront à toutes les occasions . Le but de l’entreprise est d’offrir du bien-être à sa clientèle. Sa volonté est de créer des bijoux à l’image « d’une deuxième peau qu’on ne veut pas quitter ». C’est par la finesse de ses designs que la créatrice tente de « créer les nouveaux classiques de la joaillerie moderne ». Offrant du sur mesure, notamment pour les bagues de fiançailles, l’entreprise ouvrira à la mi-février un salon pour une expérience client plus chaleureuse et plus accessible. Il sera alors possible de prendre rendez-vous pour rencontrer l’artisane. MYEL DESIGN, c’est aussi « la démocratisation de la joaillerie fine, particulièrement chez une clientèle entre 25 et 35 ans ».

Lalumière Joaillerie

LaLumière Joaillerie

Lalumière Joaillerie

Entreprise localisée à Sainte-Sabine, Lalumière Joaillerie se spécialise dans le bijou en argent sterling. Créatrice toujours en ébullition, Marie-Claude Lalumière s’inspire constamment du milieu dans lequel elle vit pour concevoir ses bijoux, produits en quantité limitée. Alliant spontanéité et liberté créatrice, l’artisane travaille beaucoup sur la texture dans la réalisation de ses chefs-d’œuvre. C’est en travaillant la matière que lui vient l’idée du prochain bijou. Comme elle le dit si bien : « L’absence de barrière me permet d’explorer, de m’abandonner et de façonner la matière aboutissant à un produit parfois brut, parfois doux. Inspirée par la texture, je joue avec les éléments, cherchant à trouver un équilibre entre la structure et les fragments utilisés. »

Flamme en rose inc.

Flamme en rose inc

Flamme en rose inc

Flamme en rose inc. est une bijouterie fondée à Montréal et dirigée par deux femmes. Tout est fabriqué sur place, à l’atelier, et les possibilités de sur mesure sont nombreuses. L’entreprise se démarque notamment par le principe de transformation des bijoux, où une deuxième vie peut être donnée à un bijou chéri. Ce que souhaitent Audrée Michaud et Michèle Côté dans leur entreprise est de raconter une histoire. Chacune de leur collection possède son histoire et les artisanes souhaitent que leur clientèle s’approprie les pièces et bâtisse sa propre histoire. Pour elles, les valeurs et le vécu sont au cœur d’un bijou et elles souhaitent « transmettre les leurs à travers leurs [créations] ». Elles le soulignent avec exactitude : « c’est l’apport émotionnel des clients lié à la valeur personnelle de leurs bijoux qui nous nourrit ».

EMD Joaillière

EMD Joaillière

EMD Joaillière, crédit photo : Caroline Perron.

Emilie Dell’Aniello est l’entrepreneure derrière EMD Joaillière. Seule membre de son équipe, elle gère l’ensemble des tâches de création et d’entrepreneuriat. Elle consacre ses efforts à deux types de bijoux : les petites séries, des pièces destinées à la vente et qui sont présentées lors des salons, et les bijoux contemporains, des pièces uniques consacrées à l’exposition un peu partout à travers le monde. Cette dernière pratique est cruciale dans son processus créatif et l’artisane souhaite y retourner un peu plus dans l’avenir. Elle « aime explorer de nouvelles techniques, de nouvelles textures ». Elle suit « une ligne directrice, mais [elle fait] toujours des pièces différentes ». Emilie Dell’Aniello est une entrepreneure « passionnée par ce qu’elle fait, passionnée par tous les aspects [que cela implique] ». Son métier est pour elle une source de plaisir, car, créatrice au quotidien, elle aime cette absence de routine, cette liberté et cette flexibilité que lui offre le métier de joaillière. Les pièces de EMD Joaillière, d’une certaine simplicité, de style épuré et dans la lignée du minimalisme, charment par leurs formes originales.

 

MYEL DESIGN

MYEL DESIGN

La théorie derrière la pratique

Dans la joaillerie moderne, deux grandes techniques existent: la cire et le dessin, et l’impression 3D. La première est celle enseignée dans les écoles de joaillerie. L’artiste façonne un modèle en cire. Ce modèle deviendra par la suite un moule où le métal sera coulé pour mettre en forme les prochains bijoux. Ce processus est caractérisé par un travail à la main du début à la fin, sans réel intermédiaire.  

Dans le cas de l’impression 3D, la technologie est mise à profit dans la création des bijoux. L’artiste dessine tout d’abord le bijou qu’il veut créer. Le dessin, une fois numérisé, permet de faire une modélisation 3D du bijou sur l’ordinateur avant sa production. Cela peut être particulièrement intéressant dans le cas du sur mesure, où le client peut avoir un aperçu plus concret du résultat final. Par la suite, le modèle est imprimé en trois dimensions à l’aide de cire. Le joaillier crée donc à partir de ce modèle en cire un moule dans lequel seront coulés les futurs bijoux.

Flamme en rose inc.

Flamme en rose inc.

Les principales matières utilisées sont les métaux précieux, plus particulièrement l’or. Celui-ci se décline en trois types, soit jaune, blanc et rose, et l’argent. Le platine est aussi parfois employé. Les créateurs complètent ensuite avec des pierres précieuses, notamment des diamants. Ces derniers se déclinent en deux catégories : les diamants canadiens, des diamants naturels dont l’extraction respecte des normes précises ; et les diamants de laboratoire, synthétiques, donc plus écologiques et plus éthiques que les diamants naturels produits outre-mer.

La route à parcourir

Pour travailler dans la joaillerie, plusieurs artisans suivent le parcours proposé par la technique de métiers d’art en joaillerie. Cette dernière est offerte à l’École de joaillerie de Québec, en collaboration avec le Cégep Limoilou, et à l’École de joaillerie de Montréal, en collaboration avec le Cégep du Vieux Montréal. Toutefois, les parcours sont variés et parfois peu conventionnels. Myriam Élie, fondatrice de MYEL, fait partie de ces entrepreneurs autodidactes. C’est après s’être fait voler ses bijoux qu’elle a commencé à en fabriquer. Elle a peu à peu mis sur pied son entreprise et elle fait maintenant affaire avec des joailliers pour réaliser ses bijoux. Au parcours atypique de Myriam Élie s’ajoutent plusieurs formations dans le but de se perfectionner dans la maîtrise de son art.  

En ce qui concerne Emilie Dell’Aniello d’EMD Joaillière, c’est après avoir débuté en restauration qu’elle se tourne vers l’art, lorsque les contraintes deviennent trop restreignantes. Après avoir suivi divers cours de métiers d’art, elle s’intéresse particulièrement aux bijoux et s’inscrit à l’École de joaillerie de Montréal. Emilie se lance dans le métier dès sa première année et complète sa formation avec une année d’études à l’Université Concordia en céramique et en construction textile. L’artisane mentionne également l’importance du Labo de Noël Guyomarc’h dans sa démarche artistique. 

Lalumière Joaillerie

Lalumière Joaillerie

Marie-Claude Lalumière, de Lalumière Joaillerie, a débuté ses études en arts pour finalement se diriger vers la santé et devenir infirmière. Des années plus tard, sentant que les occasions de mettre de l’avant sa créativité manquent, elle retourne vers les arts et va faire sa technique en joaillerie à l’École de joaillerie de Montréal.  

Dans tous les cas, c’est réellement la passion pour le bijou qui guide ces artistes. Michèle Côté et Audrée Michaud, le duo derrière Flamme en rose inc., le démontrent bien. Elles partagent un grand intérêt pour la fabrication de bijoux depuis leur jeunesse et elles ont toujours su qu’elles étudieraient en joaillerie et qu’elles lanceraient leur entreprise. 

Se lancer en joaillerie ; les essentiels

Plusieurs qualités sont nécessaires pour se lancer en joaillerie. On compte parmi elles la minutie, la patience, la créativité et la passion pour tout le côté artistique. En effet, chaque bijou nécessite un travail attentif pour arriver à en faire une pièce d’exception. Cela implique de travailler sur « de très petites pièces très longtemps », mentionne Emilie Dell’Aniello (EMD Joaillière). Toutefois, le travail ne s’arrête pas là lorsqu’on travaille à son compte ; il reste tout le côté entrepreneur qui nécessite lui aussi de posséder certaines qualités. L’organisation, la persévérance et la débrouillardise pour faire face à toutes éventualités en sont des exemples. Un tel métier peut connaître des hauts et des bas, et il ne faut pas tout abandonner malgré l’adversité.

Il y a bien des choses qui ne s’apprennent pas sur les bancs d’école. C’est quand on se lance qu’on y est confronté. La réalité est parfois plus difficile et il faut être préparé pour ne pas être pris au dépourvu. Voilà pourquoi j’ai demandé aux quatre entrepreneures les conseils qu’elles donneraient à quelqu’un qui envisage de se lancer en joaillerie ou, plus largement, en métiers d’art. Comme l’a mentionné l’entreprise MYEL DESIGN, il est nécessaire d’avoir une bonne équipe, de s’entourer de personnes qui vont nous compléter et sur qui on pourra compter.  

EMD Joaillière

EMD Joaillière, crédit photo : Caroline Perron.

Les fondatrices de Flamme en rose inc. mentionnent l’importance d’avoir le courage de se lancer en affaires et de saisir les opportunités. Elles insistent sur l’importance de tester le marché le plus tôt possible et de ne pas attendre d’avoir terminé ses études, ou que tout soit parfait dans l’entreprise ou sur le site Internet. Il faut concevoir des bijoux et tenter de les vendre. Si on ne connaît pas le marché avant de lancer son entreprise, on n’a pas la garantie d’avoir une clientèle.

Marie-Claude Lalumière (Lalumière Joaillerie) insiste sur la passion qui est, selon elle, le moteur qui nous permet de persévérer dans un milieu quelquefois difficile. Finalement, Emilie Dell’Aniello (EMD Joaillière) tient à rappeler que, outre l’aspect créatif, le côté entrepreneur occupe souvent la majorité du temps de travail. Il faut être prêt à faire des compromis concernant les paies et les horaires, ainsi qu’être prêt à investir. Plus on investit du temps et de l’argent dans sa compagnie, plus elle a de chances d’être rentable. Il faut également envisager sa gestion monétaire à long terme puisque, comme mentionné plus tôt, posséder son entreprise signifie bien souvent ne pas avoir de revenus stables. 

Flamme en rose inc.

Flamme en rose inc.

Si quelque chose lie ces entrepreneures, c’est certainement cette motivation qui découle non seulement d’une passion pour la joaillerie, mais aussi d’un réel bonheur d’offrir. Cette diversité de styles montre à quel point la joaillerie est en vogue au Québec, mais aussi à quel point l’art québécois est un milieu effervescent. Cela rappelle que l’art, bien que toujours en mouvement et en transformation, traverse tous les âges et toutes les époques.

Je tiens à remercier MYEL DESIGN, EMD Joaillière, Flamme en rose inc. et Lalumière joaillerie pour leur contribution à cet article. Ce dernier est non seulement basé sur les entrevues qu’elles m’ont accordées avec générosité, mais il aurait été impossible sans leur contribution.

 

 

 

Révisé par Mélanie

Bibliographie

Baratte, S., Metzger, C., Possémé, É., Taburet-Delahaye, E., & Ziegler, C. (s.d.). Bijoux. Dans Universalis. Repéré à http://www.universalis-edu.com.ezproxy.cegeplimoilou.ca/encyclopedie/bijoux/

Photo de couverture : Flamme en rose inc.

Jeanne Desrosiers

Collaboratrice au blogue

Étudiante passionnée par l’écriture et l’art, Jeanne est la blogueuse derrière La Vitrine Artistique. Grande lectrice, elle s’adonne aussi à la fabrication de bijoux, à la couture et à d’autres loisirs créatifs. En admiration devant le travail des artistes, elle ne sait résister à la tentation d’entrer dans leur boutique et court les différents salons afin de découvrir de nouveaux créateurs.

Pour elle, les produits locaux sont des produits inestimables qu’il faut mettre en valeur. Elle espère amener les jeunes à s’intéresser davantage à ce milieu et à consommer ces produits.

2 réponses sur “Joaillerie : se parer d’art dans le Québec d’aujourd’hui”

  1. Cheapessay dit :

    Thanks a lot for the article post.Much thanks again. Fantastic.

  2. Elisabeth Langlois dit :

    Mlle Jeanne bravo, votre article concernant la joaillerie de nos
    créateurs du Québec est très intéressante , continuer votre beau
    travail . A la prochaine , Elisabeth Langlois

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