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Publié le 29 novembre 2018
Par Maude St-Onge

Blogue

Atikuss: Le savoir ancestral autochtone comme source d’espoir 

Au coeur de l'entreprise - Mode locale

La philosophie d’un produit local et québécois est souvent basée sur le désir de souligner les talents locaux et d’encourager le commerce de proximité. Pour Atikuss, la réflexion est d’autant plus profonde, puisque l’objectif premier est de conserver et de mettre en valeur le savoir ancestral des communautés autochtones. Un défi de taille, disons-le, en cette ère où la surconsommation et la mode jetable sont à leur paroxysme. Heureusement, la tendance est en train de s’inverser un pas à la fois, et Atikuss y contribue grandement. 

L’entreprise

Nos hivers sont longs et froids, surtout dans la communauté innue d’Uashat, tout près de Sept-Îles, sur la Côte-Nord. C’est dans un petit hôtel situé près du fleuve que madame Josée Leblanc a fondé Atikuss en 2013. Le Repos du Guerrier, servant de gîte aux touristes de la région, abrite également une galerie d’art autochtone ainsi que l’atelier de confection principal et la boutique Atikuss. 

Cet atelier, qui ne comptait au départ que Josée Leblanc, fondatrice et propriétaire, emploie désormais 9 employés, dont 7 artisans de la communauté innue. Ce nombre est appelé à grandir en 2019. Madame Leblanc souligne, le sourire dans la voix, que « 2018 a vraiment été une année charnière dans la vie de l’entreprise ». Suite à la visite de l’ambassadrice de Signé Local, Vanessa Pilon, en lien avec son nouveau projet MAMU, les étoiles se sont alignées pour la jeune entreprise.

En effet, l’entreprise, qui avait besoin d’équipement pour tailler le cuir a été référée à un marchand de fourrures et de produits autochtones de la rue Saint-Louis, dans le Vieux-Québec. Ce dernier prenait sa retraite et, dans l’espoir de voir ses activités commerciales se perpétuer, a décidé de transiger avec Atikuss, qui adhérait aux mêmes valeurs. « Nous n’avons pas seulement acquis la machine, mais aussi son entreprise, y compris la boutique ! », me dit Josée Leblanc, tout en expliquant que cette décision s’est prise en quelques heures seulement. « C’était une opportunité incroyable, et la situation était parfaite ! Ça aurait difficilement pu mieux adonner ».

Cette boutique donne donc une nouvelle vitrine aux produits autochtones et à la communauté innue. Madame Leblanc propose aux citoyens de Québec et aux nombreux touristes les produits de la marque Atikuss, soit des bottes, mocassins, mitaines et autres accessoires, ainsi que d’autres créations autochtones québécoises et canadiennes. 

Les Bottes de l’espoir

La mission première d’Atikuss est de soutenir les femmes des communautés en valorisant leur savoir-faire ancestral et leur culture. En effet, les artisans qui travaillent pour l’entreprise sont rémunérés équitablement et sont grandement valorisés. Sans compter le projet incroyable à la base de ses activités : les Bottes de l’espoir. De plus, Atikuss mise sur la chasse écoresponsable sous gestion pour son approvisionnement. 

Lorsque madame Leblanc m’a raconté l’histoire et la mécanique des Bottes de l’espoir, je suis restée bouche bée tant le projet est porteur d’espoir et empreint d’entraide, valeur importante pour ces communautés. 

Atikuss s’est affiliée avec l’organisme Chez Doris, un refuge pour femmes en difficulté situé à Montréal. Avec son programme d’assistance aux femmes inuits et autochtones, Chez Doris permet aux femmes de se reconnecter avec leur culture et de retrouver leur estime d’elles-mêmes par le perlage. Celles-ci, dans le cadre de leur réinsertion, confectionnent les figures perlées apposées sur chaque paire de Bottes de l’espoir. « Le processus de fabrication du perlage se conclut par l’inscription, par la femme, d’un message personnalisé à son endos », souligne enfin la fondatrice. 

Les clients d’Atikuss peuvent choisir presque chaque élément de leurs Bottes de l’espoir : un des quatre modèles proposés, la couleur, le type de fourrure et, évidemment, le perlage. « Faire l’achat d’un produit Atikuss, c’est aussi venir en aide à toute une communauté de femmes : c’est un geste social », me mentionne la fondatrice. Sur le site web d’Atikuss, il est d’ailleurs possible pour les clients de voir la fabrication de leurs bottes par les artisanes en direct de l’atelier d’Ushuat.

Un impact local

Bien sûr, la production locale comporte plusieurs défis, notamment la formation des artisanes et la gestion en période de croissance, mais l’entraide qui règne dans les ateliers et le fait que les employées croient profondément à la cause soutenue par l’entreprise ont permis à Atikuss de progresser et de faire sa place. 

Les acquéreurs de produits Atikuss font décidément plus qu’un achat : ils viennent en aide aux femmes autochtones et à leurs communautés et participent à la transmission des traditions ancestrales de notre grand pays nordique, en plus de revaloriser le travail local. 

 

Pour en découvrir plus sur l’entreprise, visitez sa fiche membre.

 

Révisé par Mélanie

Maude St-Onge

Collaboratrice au blogue

Amoureuse des mots, consommatrice avertie (elle essaie!) et cultivant une saine obsession pour l’alimentation, Maude partage ses temps libres entre les marchés publics, sa cuisine et les terrains de tennis. Elle a lancé l’an dernier son premier blogue, axé sur l’achat local dans le domaine de l’agroalimentaire, où elle fait la promotion des produits bien de chez nous et des façons de les apprêter.

Après avoir complété ses études universitaires et s’être plongée dans l’univers de la restauration locale le temps d’un été, elle débute maintenant sa vie professionnelle en conservant sa soif d’apprendre. Elle jette dorénavant son dévolu sur les produits québécois, et elle veut en avoir bien plus que seulement dans son assiette !

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